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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 08:10

  espira.JPG

 

Espira de l’agly voilà le panneau d’entrée du village, nous longeons les rues  étroites du village catalan avant d’atteindre le portail du pensionnat notre dame des Anges. 

A peine passé l’esplanade nous nous trouvons dans une grande cour sans arbre longeant des bâtisses à un étage d’un ancien couvent transformé en établissement scolaire.

C’est là que je vais passer trois années de ma vie .

Ce jour  d’automne le temps est doux le marin souffle son air tiède et le nuages envahissent le ciel , je ne connais pas encore le vrai vent du pays  la  tramontane .

La rentrée se fait sans problème , je découvre les lieux , au rez de chaussée , les classes et la cantine  donnant  sur un cloître  aux colonnes  en faux marbre  puis un grand escalier qui mène à l’étage et aux dortoirs longue pièce  aux hautes fenêtres contenant une centaine de lits .

Le mois d’octobre arrive vite et avec lui le vent le vrai, le dur , le méchant la tramontane .

La légende  dit que l’origine de son nom est tranche montagne , il vient des  monts pyrénéens souffle par rafale , bouscule tout sur son passage tord les cyprès en des danses folles.

La tramontane c’est trois ou cinq jours d’affilée sans interruption sous un ciel d’azur   balayé de tous nuages, sa parriculiarité elle est froide et violente .

Le pensionnat n’est pas chauffé hormis le classes où l’on allume avec parcimonie au début des cours d’antiques poêles à mazout qui mettent des heures avant de dissiper le froid.

Quand la tramontane  souffle dans cet univers on ne se réchauffe jamais , elle se glisse partout  sous les vêtements qu’elle soulève , hérissant les têtes en chevelures hirsutes, on cherche en vain un pan de mur dans ma cour pour se mettre à l’abri elle vous poursuit sans relâche .

Les heures passent et les classes atteignent enfin une température acceptable quand vient l’heure de la prière du soir, nous nous dirigeons en rang vers la chapelle glaciale en empruntant les couloirs ventés .

La nuit est descendue sur Espira de l’agly et nous gagnons en grelottant le dortoir , on se presse de se mettre au lit après une ultime prière se couvrant  avec bonheur de multiples couvertures, le dortoir n’est pas chauffé et le vent glisse par les fentes des vielles fenêtres.

Le jeudi nous voit courir les chemins de campagne , il faut fatiguer les ados pour mieux les contrôler , la file se déroule  chenille grise le long de la route déserte, les frères nous encadrent leur soutanes  noires volant comme des ailes de corbeaux.

Nous marchons ainsi , courbés sous le vent  qui nous bouscule sans  relâche n’aspirant qu’à une chose le retour au pensionnat et l’abri temporaire du cloître où sera distribué le goûter avant que l’on nous renvoie dans la cour jusqu’au repas du soir.

Autant vous dire que je hais le vent d’hiver , les cloîtres et les soutanes, bien que l’été je me suis réconcilié avec le vent  qui chasse les nuages et donne au ciel catalan son bleu d’azur temps prisé.

 

Note de l'auteur: le vent a depuis  presque un  demi siècle  balayé tout cela le collège dont la photo actuelle est représentée a pris un pari de modernisme et de confort  que l'on n'aurait jamaisi pu envisager à l'époque.

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