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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 09:16

2766713560_dacd79bb49.jpgIl était peintre  à ses heures  et visiteur de prison aussi, deux activités qui se voulaient complémentaires;

Il avait pris  pour habitude , lors de ses visites  aux détenus  d'emporter avec lui un carnet de croquis  et lors de ses entretiens  avec les prisonniers  il  croquait leurs visages  en quelques traits surs .

Il cherchait depuis toujours  à cerner derrière l'apparence  les traits de l'âme  qui les avaient amenés  un jour à basculer dans l'horreur  et à devenir des criminels.

Il se servait ensuite des croquis pour en faire des portraits  s'inspirant de leurs entretiens pour essayer de faire ressortir dans  ses toiles  le moi  profond de ses modèles.

Il s'était fait une belle réputation   avec ces portraits  qui étaient plébiscités  non seulement  par des amateurs d'art , mais aussi par les psychologues  du milieu carcéral qui y trouvaient  matière à réflexion  sur les réactions de l'homme.

Il demandait toujours aux détenus l'autorisation de les reproduire en peinture  et parfois leur reversait  une partie du produit  de la vente de ses toiles , ce qu'il appelait  en riant la part de l'ombre.

Un jour il fut amené à visiter  un homme dont les crimes  particulièrement  horribles  avaient défrayés  la chronique de  nombreux mois.

Le visage de Georges c'est ainsi que nous l'appellerons ne laissait  rien paraître  de ses sentiments ni des actes qu'il avait perpétué, il était lisse , de ces personnalités  sans grand  relief  que l'on oublie aussitôt vues .

Notre peintre ne lui avait pas  demandé de suite l'autorisation  de faire son portrait  attendant de cerner  sa personnalité.

Ils parlaient de choses et d'autres , lors de ses entretiens , il lui portant des livres sur l'art, sans jamais aborder les raisons qui l'avaient  envoyé en prison  pour une période incompressible  de trente ans.

Georges qui ne s'était jamais  distingué avant les faits , avait étranglé  ses parents un matin puis les avaient dépecés et donnés aux cochons qu'ils élevaient dans leur ferme de Correze

Il était parti ensuite travailler à la poste du village où il exerçait le métier de facteur , c'est au cours de sa tournée que les gendarmes étaient venus l'arrêter.

Il s'était enfin résolu de lui demander l'autorisation de le peindre le jour ou amenant la conversation  sur le crime commis  il avait vu  en un instant  le regard  de Georges  s'éclairer  d'un éclat diabolique  alors qu'aucun trait  de son visage ne bougeait .

Georges le regard longuement  avant de lui  répondre  fermement par la négative  sans donner de raisons.

Déçu il renonça  à son projet  jusqu'au jour  ou pris d'une impatience  subite  il se mis à crayonner  sa page blanche , recherchant désespérément  à retranscrire l'expression qu'il avait vu dans le regard de Georges un instant fugace.

De ce jour il n'eut de cesse  de faire le tableau malgré le refus de son modèle, en se disant qu'il ne le sortirait pas  de son atelier.

Vint le jour ou la toile fut presque  achevée , le visage de Georges  crevait la toile , il allait mettre une dernière touche à l'inquiétant regard  quant il sentit un poigne forte le prendre à la gorge.

Il tenta de se dégager mais la main le serrait  de plus en plus fort  , il vit avec horreur que c'était celle de  Georges qui sortait du  tableau, son regard animé d'un éclat diabolique.

Il eu un instant le réflexe de survie de prendre  d'une main tâtonnante  un petit chalumeau  dont il s'était servi  pour décaper la peinture  d'une  vielle porte qui était resté allumé  en veille à coté de lui, il projeta la flamme  sur la toile menaçante qui pris feu en un instant.

La main de Georges  desserra son étreinte, tandis que la toile se tordait  sous l'effet de la chaleur  dans un sifflement qui ressemblait à un cri.

Il s'évanouit quelques instants , quand il retrouva ses esprits , la toile était  entièrement détruite.

il cru  à un cauchemar , mais se regardant dans un miroir il vit  autour de  son cou les traces rouges de strangulation.

De ce jour il abandonna  la peinture  et se mis à la sculpture, certains dirent  qu'on l'avait  trouvé quelques années plus tard la tête fracassée  devant un buste  de marbre dont le visage  rappelait curieusement  celui d'un assassin  qui avait en son temps défrayé la chronique.

Quand à Georges il bénéficia d'une remise de peine pour bonne conduite et élève  des porcs en Correze.  (note de l'auteur - le buste emprunté n'a bien sur acun rapport avec georges sinon pour les besoins de l'illustration)

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commentaires

Lucy 22/01/2012 19:44

Ou ! Mais ! C’est un cauchemar ton histoire, j’en suis défrisé, bien que mes cheveux soient déjà raides, c’est encore pire ! Rire ! Ton polard existe bien dans l’imagination de l’écrivain que tu
es, mais il me semble qu’elle est réelle, où j’ai vu cela ? Bravo, car j’ai aimé le lire ! À bientôt.
Amicalement
Lucie-y

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