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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 11:17





Le ciel était bas, mais il ne pleuvait pas, le parking comme toujours en cette période de l'année proche de la Toussaint était plein  et elle eu quelques difficultés a trouver une place pour stationner
Après être remontée  sur une centaine de mètres, le long du mur de briques qui longe le cimetière, elle rentra par une porte  qui ne lui était pas habituelle.
Elle longea un carré de tombes anciennes  de petites tailles, entourées  d'un muret, qui s'avéra être un emplacement  réservé  aux sœurs d'un couvent voisin.
Il en respirait une  certaine sérénité due  probablement à la simplicité des tombes en ciment et des inscriptions funéraires évoquant le nom des défuntes  " sœur marie, sœur évangélique, sœur de la compassion "
Elle longea l'allée ombragée de grands cyprès noirs, pour enfin  déboucher sur l'allée principale, elle reconnut le dépositoire, puis l'emplacement  ou reposait sa tante.
Dans la petite jardinière de la tombe, un arbuste planté dix ans auparavant  prenait des allures d'arbre, dressant ses feuilles jaunes et vertes vers le ciel, donnant paradoxalement l'impression d'abandon, comme si la nature avait repris ses droits.
Comme chaque année depuis la mort de la sœur de son père qui ne lui avait survécu qu'un an, elle déposa soigneusement un pot de chrysanthèmes violet.
Elle se recueillit quelques instants, se rappelant  l'année  ou elle s'était trouvée confrontée à l'inscription nécrologique de la mort de son oncle dont elle n'avait pas été informée.
Son oncle un homme dur et sans scrupule avait lors du décès de son beau-frère tenté d'abuser de sa jeunesse et de sa douleur pour tenter de la spolier de l'héritage de son père.
Ce jour là restait gravé dans sa mémoire, son père lui avait parlé et l'avait mise en garde contre les manipulations de son oncle, curieusement il était étonnamment présent comme de son vivant.
Forte de cette mise en garde, elle avait rejeté toutes les tentatives de manipulation de son oncle et elle n'avait revu celui ci que lors des obsèques de sa tante un an après.
Ce jour là il avait tenté dans une crise de rage  de lui interdire l'entrée de l'église ou se déroulait la cérémonie, l'empêchant de suivre  la dépouille de sa tante jusqu'au cimetière.
A peine avait-elle pris connaissance de l'inscription nécrologique, qu'elle ressentit une poussée brutale  en arrière, son oncle la repoussant de toute son âme, un instant elle avait vu son corps redressé puis le bras de sa tante apaisant son époux qui s'était doucement recouché.
Les autres années la tombe lui était  apparue vidée de toute substance, comme si les âmes des défunts étaient parties dans d'autres lieux.
On était  à la veille de la  Toussaint, un carré blanc glissé  sous un bac en porcelaine posé sur la tombe, attira son attention il s'agissait  d'une enveloppe de petit format protégé par un cache en plastique transparent.
Elle hésita un instant  puis l'ouvrit, mais les pluies  violentes d'orages des jours précédents avaient détrempé la feuille rendant toute lecture impossible  ne laissant que la trace de quelques lettres manuscrites à l'encre bleue.
Elle resta perplexe sachant que plus personne hormis elle et sa cousine ne visitait la tombe.
En un instant elle fut convaincue  que c'était donc  bien a elle - qu'était destiné ce message.
N'ayant  aucun moyen  de prendre  contact  avec sa cousine, son aînée de dix ans  perdue de vue  depuis plusieurs années, elle mis elle- même une missive sur la tombe, en prenant la précaution  de le protéger de la pluie.
Elle indiquait succinctement à  la personne de se faire connaître si elle le souhaitait.
Au moment ou elle glissait le pli sous le pot, elle ressentit une présence  et vit l'image de sa tante qui lui souriait, comme pour la remercier de cette tentative de réconciliation.
Elle  avait prévu de revenir quelques jours après la fête des morts  pour voir si la mystérieuse personne avait pris connaissance de son message et lui avait répondu.
Ses activités l'ayant occupée elle n'avait pas eu le temps d'aller au cimetière de nouveau.
Elle s'apprêtait à rentrer chez elle en fin de journée quand elle ressentit le besoin impérieux et irrationnel de se rendre sur la tombe, son père décédé s'était une fois de plus manifesté en lui indiquant  que la réponse était arrivée.
Curieusement elle l'avait vu assis sur un fauteuil noir qu'elle ne connaissait pas, il donnait une impression  de gêne ou de fatigue dont elle ne comprit pas  l'objet comme  s'il portait sur le lui  l'ombre d'un regret informulé.
La visite sur la tombe lui permis de constater qu'un pot de fleurs artificielles avait été déposé, et qu'une réponse  avait été faite à son message.
Fébrilement elle pris connaissance  du mot qui lui avait été laissé, sa cousine germaine Nuria, la fille de sa tante décédée dont elle fleurissait la tombe depuis quinze ans demandait à l'inconnue qu'elle était  toujours pour elle de prendre contact avec elle  et elle lui laissait son numéro de téléphone.
Un peu interloquée elle- compris  que son père  avait été l'instrument de ces retrouvailles rocambolesques et qu'il avait souhaité  faire renaître des liens familiaux, rompus  il y a trente ans  par la mésentente des parents et l'indifférence de Nuria envers autrui.
En un instant lui revins en mémoire l'image de sa cousine, une belle femme a qui la famille prêtait toutes les qualités, que la nature avait gâté et qui vivait dans une opulence insouciante, ne se préoccupant  que très peu de son entourage.
Ces événements l'ayant fortement émotionnée, cette présence quasi physique de son père décédé lui faisant  remonter comme des bulles de rancœur dans la vase, des souvenirs acides qui lui brûlaient l'âme.
Une enfance malheureuse pendant laquelle elle avait du subir sans comprendre la cruauté mentale de sa mère, l'indifférence d'un père qui  ne prenait comme référence de qualité que ses nièces, Nuria, Maria  et Céleste, l'avait amené à développer une sensibilité exacerbée qui lui permettait de percevoir des ondes dont le commun des mortels était ignorant.
Cette faculté ajoutée au mal être d'une enfance sacrifiée, n'était pas sans susciter de profondes angoisses qui la laissait pantelante .
Elle hésita sur la suite à donner s'interrogeant  sur les hasards de la vie qui par le biais d'une lettre délavée par la pluie posée sur une tombe lui permettrai si elle le souhaitait  de retrouver  le fil d'une famille qu'elle croyait à jamais perdue.
Que fallait- il attendre  de retrouvailles quarante ans après, les années avaient-elles pansé les plaies, et l'âge dans sa sagesse  avait il permis de prendre du recul.
Elle était partagée entre joie de retrouvailles et la crainte, le passé tellement présent occultant la joie, la gêne de son père dans sa dernière apparition la laissait perplexe, fallait- il prendre le risque.
Elle savait au fond d'elle- même qu'elle n'avait pas réellement le choix, les manifestations de son père depuis son décès avaient toujours été positives, elle décida donc malgré la gêne ressentie de téléphoner à Nuria.
Elle eut sa cousine au téléphone qui ravie de reprendre contact  l'invita à lui rendre  une visite, elle accepta et se rendit chez elle une près midi car il s'avéra qu'elle habitait non loin de chez elle.
Elle  chercha le nom de la rue et finit par trouver la maison située à l'orée d'un bois dans un lotissement pavillonnaire.
Elle s'attendait à trouver une maison de maître avec un parc, tant l'image qu'elle avait gardée de Nuria  était celle d'une femme vivant grand train, elle fut un peu déçue de découvrir en fait une maison courante.
Elle sonna  à la cloche du portail extérieur qui s'ouvrit quelques instants plus tard sur sa cousine.
Elle reconnut l'expression de visage de Nuria, mais la femme âgée qu'elle avait devant elle ne ressemblait en rien  à celle qu'elle avait connue quarante ans auparavant.
Elle prirent le thé  après qu'elle lui eu fait visiter rapidement sa maison évoquant le passé commun, elle constata rapidement  que sa vision des personnes et des faits était très différente mais elle apprécia néanmoins ses retrouvailles inattendues.
Nuria insista pour l'inviter pour le Jour de l'An, les deux autres cousines Maria et Céleste, filles de son autre tante décédée également seraient là et ce serait une occasion de réunir la famille.
Il faut dire que la notion de la famille chez Nuria, Maria et Céleste était basée sur des critères particuliers initiés par leurs parents.
Les deux tantes de son père et leur frère se considéraient comme les uniques détenteurs du nom familial, la famille d'origine grecque était restée refermé sur elle-même.
Tout élément mari ou femme étranger  à leur famille d'origine les Ascarios n'avait de grâce à leurs yeux, si bien que son père avait toujours privilégié ses nièces à ses enfants et sacrifié sa vie conjugale  au profit de ces sœurs en une dépendance infantile.
Elle attendit ce jour là dans un mélange d'anxiété et de joie pensant que la vie lui permettait  dans une nouvelle chance de recréer  des liens affectifs qu'elle croyait perdus.
Enfin ce fut les retrouvailles, surprise des visages marqués par le temps, des corps qui s'épaississent, mais aussi le bonheur de retrouver intact le même regard, la même complicité avec Maria et Céleste que dans l'enfance.
Elles parlèrent beaucoup, l'émotion était présente, quand tout à coup elle ressentit la présence de sa tante, rassurante rassérénée.
Elle découvrit que Céleste avait des dons de guérisseuses, devant son émotion elle lui proposa de lu faire une passe ce qui a pour effet d'énerver Nuria qui n'a pas perdu sa mauvaise habitude de ne pas supporter le partage.
Nuira l'assaillit de questions, sur sa vie sa famille, peu enclin a parler d'elle même elle ne lui répondis que vaguement ce qui plongea Nuira dans une agitation bizarre.
L'apéritif se déroula dans une curieuse ambiance, Nuria s'agitait  et un verre de mousseux à la main monopolisait toute la conversation et répétant à loisir la même plaisanterie qu'elle ponctuait de rires.
Elles passèrent enfin a table ou la conversation s'instaura difficilement ponctuée par les cris discordants des mainates de Nuria qu'elle avait placé à côté de la table rendant difficile tout échange.
La fin du repas arriva sans qu'il y ait eu de réel échange entre les cousines, Nuria paraissait de plus en plus distante, comme ennuyée, elle se demanda si cela ne venait pas du fait que l'on avait évoqué  la présence chez elle de l'icône de saint Stanislas qu'elle avait eu dans des conditions anormales au décès de son oncle.
Il était de tradition familiale chez le Ascarios qu'une icône représentant saint Stanislas soit transmis à l'aînée de la famille en cas de décès du père, ors au décès de son père la mère de Nuria se prévalant des  mêmes principes qui avaient  affecté les relations familiales toute leur vie durant se l'était appropriée.
Elle l'avait mise devant le fait accompli lui promettant toutefois qu'a sa propre mort  l'icône lui serait remis par Nuria, ce que évidemment elle n'avait jamais fait, elle avait beaucoup souffert du manque de cet objet hautement symbolique.
La journée était passée malgré tout  rapidement à évoquer leurs souvenirs, leurs souffrances à essayer de panser leurs plaies, chacune ayant eu son vécu douloureux, sans toutefois qu'un sentiment confus de gêne ne reste palpable.
Elles se séparèrent en se promettant de se revoir au cours de l'année et de se téléphoner.
Passé les retrouvailles  vint le temps des échanges de correspondances en attendant d'autres retrouvailles.
Nuria qui habitait près de chez elle avait décliné son invitation, elle devait se voir un après midi, mais elle n'était pas libre, ce temps mort lui a permis d'analyser le malaise qu'elle avait ressenti.
Il émanait d'elle une aura qu'elle sentait à priori négative, cela venait il des réminiscences du passé et de leur cortège de vielles rancunes, elle ne savait définir  exactement d'où lui venait cette sensation.
Elle ne pouvait s'empêcher de penser à la dernière vision  qu'elle avait eu de son père juste avant que ne se rende au repas de ses cousines, il paraissait mécontent, contrarié sans qu'elle puisse en connaître la raison.
Elle avait acquis la quasi-certitude que le mécontentement de son père avait un rapport direct avec Nuria, mais sans en définir la cause, peut être cela était il du à l'icône.
Le temps passé depuis le nouvel an lui avait fait percevoir des éléments épars que l'émotion de se retrouver n'avait pas permis d'analyser, Nuria  avait un comportement  bizarre, son discours était parfois confus ou contradictoire et elle dégageait soit une certaine agressivité  soit une curieuse passivité.
Le décalage entre l'image qu'elle gardait dans ses souvenirs d'enfant de ce personnage auquel tout le monde faisait référence, étalon d'intelligence, de beauté, de réussite était bien mis à mal par la réalité.
Elle découvrait avec incrédulité l'étendue de l'imposture, pour d'obscures raisons familiales, on lui avait menti ventant des mérites imaginaires pour mieux la rabaisser.
Elle réalisa alors que le mécontentement de son père trouvait peut être son explication dans cette vérité qui lui était dévoilée aujourd'hui, des années d'imposture de cruauté inutiles que son père n'avait pas pu se faire pardonner de son vivant.
Nuria avait décidé enfin de lui rendre visite, elle  l'attendis avec curiosité maintenant que ses yeux  s'étaient désillusionnés, elle était curieuse de découvrir la vraie personnalité de sa cousine et faisant table rase du passé d'établir une vraie relation amicale.
La visite de Nuria chez elle s'était bien passée jusqu'à ce que les souvenirs évoqués amène le sujet de conversation sur l'icône, elle eut la confirmation malgré les tentatives de dénégation de Nuria que sa mère lui avait dit que celui ci devait revenir  à  l'aînée des ASCARIOS ce dont elle n'avait pas tenu compte.
Devant la tournure de la conversation Nuria s'était trouvée très gênée et avait fini par lui proposer de lui rendre, elle avait senti chez elle un certain soulagement d'avoir pris cette décision qui devait lui coûter.
Elle était consciente au fonds d'elle-même connaissant le caractère de Nuria que cette promesse ne serait pas tenue.
Elle ne savait pas si elle tiendrait parole, mais si ce n'était pas le cas cela serait dommage car cela resterait toujours un obstacle entre elles.
On ne pouvait pas s'opposer à la volonté des défunts sans qu'il en résulte des conséquences  fâcheuses et pour la paix de l'âme de son oncle elle se devait de le faire.
Une semaine était passée depuis la dernière visite de Nuria et comme elle l'avait prévu elle lui avait annoncé que suite à une communication téléphonique avec son fils Stanislas en poste en Inde dans une mission humanitaire, elle ne pouvait lui restituer l'icône.
Il est bien sur qu'il  lui était difficile d'expliquer à son fils que l'icône de saint Stanislas qu'il avait toujours connu chez lui devait être restitué à une cousine dont il n'avait jamais entendu parler pour des raisons familiales dont il ne connaissait rien.
Elle n'avait pas été autrement surprise car elle avait sentit que non seulement Il ne lui serait pas rendu, mais que le retour improbable de l'icône n'était pas souhaitable en l'état.
Son absence de réaction avait dérouté Nuria qui s'était trouvée très gênée au téléphone.
Elle songea un instant à l'environnement délétère dans lequel le saint avait vécu toutes ces années, haine du père de Nuria envers sa fille et sa femme, violences familiales et enfin la détérioration des rapports de Nuria avec son fils à l'adolescence qui l'avait conduit à s'en séparer pour le confier à une famille d'accueil.
Le fait d'avoir détourné l'icône de son destin n'était il pas un facteur de malheur pour ses auteurs, elle savait que s'il devait lui revenir il ne serait plus conforme à son objet.
Les semaines avaient passé sans autre contact jusqu'à ce que sa cousine lui téléphone pour lui demander si elle pouvait lui garder ses ménates durant un voyage d'une semaine qu'elle devait faire à Athènes.
Elle avait accepté bien que le fait d'être obligée d'aller chercher les clés  chez elle ne lui ait pas particulièrement plu Nuria fidèle a elle-même considérant toujours les autres comme à son service exclusif.
Elle avait eu une nouvelle manifestation de sa tante, alors qu'elle conduisait, elle était calme, mais le message transmis n'était pas clair, elle parlait de sa fille qu'elle semblait plaindre.
A son retour de voyage en Grèce, Nuria était venue lui rendre visite et lui avait fait cadeau d'une reproduction d'une icône de Saint stanislas qu'elle avait pu se procurer à l'église orthodoxe d'Athènes.
Elle avait failli lui dire ce qu'elle en pensait mais curieusement elle avait perçu lorsqu'elle avait pris en main la copie de l'icône comme le passage de la force de celui qui lui avait été dérobée dans celui qu'elle venait de recevoir.
Elle avait essayé de reprendre contact plusieurs fois avec  sa cousine sans succès celle ci prétextant ses occupations pour décliner toute invitation, elle la sentait gênée, mal à l'aise sans en connaître la cause.
Le fils de Nuria devant venir lu rendre visite sa mission en Inde prenant fin elle en profita pour lui rendre les clés de sa maison  quand elle sortit pour la recevoir par une chaude journée d'été elle crut voir  un mort vivant.
Sa maison était plongée dans la pénombre et sentait le caveau, elle même était d'une blancheur de porcelaine avec toutefois un masque jaunâtre sur le visage, comme pourrait être celui d'une personne décédée.
Elle fit bonne contenance  malgré tout pensant qu'elle était malade, ce qui ne semblait pas être le cas , elle craignait simplement le soleil et s'en protégeait soigneusement.
Son discours était portant agressif et décousu, elle resta quelques instants  et pris congé prétextant un rendez vous important , soulagée de retrouver le soleil de la rue qui dissipa  en quelques instants  l'impression angoissante qu'elle dégageait.
Elle était assise dans sa voiture et les  souvenirs remontaient comme des bulles d'acide qui lui brûlaient le cœur et l'âme, elle comprenait enfin le pourquoi des souffrances, non dites, non décrites profondément enfouies qui lui empoissonnaient la vie.
Elle entendait  derrière elle les mots durs , les dénigrations les tu ne sauras jamais faire cela, les de quoi je me mêle, laisse cela à ta sœur.
Tous ces actes journaliers répétés de destruction , d'affaiblissement  contre lesquels elle s'était protégée  par un mur de silence sur lequel ruissellent les pleurs cachés, jusqu'à en devenir ruisseau puis torrent ,et ses  vagues de haine qu'elle ne pouvait diriger  contre les auteurs du mal.
Ce silence qui lui avait permis de développer cette faculté d'entendre les âmes de ses proches .
La lave des souvenirs enfuis la brûlait , l'étouffait elle voulait savoir pourquoi cette haine, elle voulait qu'ils parlent qu'ils s'expliquent  qu'ils disent pourquoi.
Elle prenait conscience comme on se réveille d'un cauchemar d'une évidence qui lui avait échappée lors des retrouvailles  rocambolesques avec sa famille, que la gêne ressentie par son père lors des retrouvailles avec ses cousines s'expliquait pleinement.
La raison l'aveuglait et elle ne pouvait la voir tant elle avait été conditionnée par des années de rabaissement  pendant lesquelles son père  avait donné comme référence à l'enfant qu'elle était  Nuria , et même Maria et Céleste comme des références, d'intelligence de probité et de réussite ravalant ses propres enfants au niveau de moins que rien .
La réalité était tout autre , aucune des trois cousines ne présentaient , une  brillant intelligence, ni une réussite dans leur vie qui puisse servir d'exemple, bien au contraire, la médiocrité apparaissait flagrante.
Elle n'allait pas tomber dans l'excès contraire , mais le voile était tombé, des yeux désillusionnés  voyait enfin des gens ordinaires, là ou on avait dépeint des dieux.
Quel secret de famille ou qu'elle faiblesse avait pu pousser son père  a ne voir les qualités que chez les autres en dénigrant son propre sang nul ne le saura jamais.
Les statues de sa jeunesse étaient tombées de leur pied de plâtre, fini les dorures et le faste dont on les paraient à tort, il n'y avait plus que des gens  ni référence ni exemple , des gens tout simplement ordinaires.
Enfin elle se sentait  vivre, chassé  les fantômes du passé, elle sentait soudain son père rasséréné, il avait poussé le destin  jusqu'à ce qu'elle découvre  la vérité, même si elle démentait  ses propres dires car c'était pour lui la seule façon d'obtenir la paix pour l'éternité .
Fin
note de l'auteur:
ce texte est une pure oeuvre d'imagination

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commentaires

lucye 19/08/2010 21:44


Je me suis permis de l'imprimé...


lucye 19/08/2010 21:40


Je me permet de partager sur mon profil de facebook


lucye 19/08/2010 21:39


C'est tellement chouette que je ne sais pas quoi dire, tu as un immense talent, en plus, au risque de te choquer, je me reconnais...


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